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Transport Barometer : la sous-traitance a de l'avenir

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Deuxième édition 2011 pour notre enquête de conjoncture, et un constat s’impose d’emblée : si les volumes de transport ne sont pas au niveau espéré, personne ne sent encore de véritable récession… mais tout le monde la craint. Couplée au manque criant de chauffeurs, cette situation pousse de nombreux transporteurs à recourir davantage à la sous-traitance.

Plusieurs indicateurs (Freight Forwarding Index, baromètre Timocom) pointent actuellement un affaiblissement des volumes de transport. Le ralentissement de l’économie dans la zone Euro y est pour beaucoup. La reprise des activités après les vacances est cependant moins forte qu’espérée mais on ne peut pas encore parler de crash. Posée au même moment en 2008, la même question avait reçu une réponse beaucoup plus négative.

La tête froide

Le taux de confiance des transporteurs belges dans les six prochains mois subit de son côté une très légère chute par rapport au mois de mars dernier, mais reste correct si l’on tient compte de l’avalanche de mauvaises nouvelles en provenance de la planète finance depuis trois mois. Seule une infime minorité de transporteurs craint déjà les conséquences négatives d’une éventuelle crise économique. Les grincheux rétorqueront que les tenants de l’économie ‘réelle’ pensaient la même chose en septembre 2008…

Quoi qu’il en soit, ce ‘taux de confiance’ tend à indiquer que les transporteurs belges gardent somme toute la tête froide. On en trouve une confirmation éclatante dans les réponses à la question portant sur les investissements. Un transporteur sur deux signale ainsi être revenu à un rythme de remplacement normal de sa flotte. C’est nettement plus qu’il y a un an, et entre ceux qui agrandissent la flotte et ceux qui la réduisent, la balance est également (légèrement positive) : 21,7 % contre 11,6 %. Il y a également environ 21 % des sondés qui ne prévoient aucun investissement (15,9 %) ou n’obtiennent pas de lignes de crédit ou de conditions de financement correctes (5,8 %). Ce dernier chiffre est d’ailleurs en très nette baisse par rapport à notre dernier sondage de mars.

Mais la deuxième réponse la plus cochée est cette fois le recours accru à la sous-traitance. Un transporteur sur quatre l’envisage ou la pratique déjà. Deux raisons cohabitent pour l’expliquer : les perspectives de croissance ne sont pas assez stables pour investir soi-même dans de nouveaux véhicules en cas de nouveau contrat, et surtout la recherche de chauffeurs qualifiés s’apparente à nouveau à un casse-tête. Un transporteur sur deux est confronté aujourd’hui à une pénurie, et un sur quatre s’y attend dans les six prochains mois. La tentation est donc grande de reporter sur le sous-traitant ce problème de plus en plus épineux. Au risque de ne pas pouvoir garantir la qualité de la prestation ? Le manque de commentaires (pourtant garantis anonymes par la rédaction) portant sur cette question ne permet pas d’y répondre.

Cette situation tendue sur le marché de l’emploi est aussi partiellement à l’origine d’une nouvelle vague attendue de délocalisations vers les pays à bas salaires. Plusieurs transporteurs de renom, après avoir longtemps résisté à la tentation, sont aujourd’hui contraints de créer une filiale en Europe Centrale parce qu’ils ne peuvent tout simplement plus tenir leurs positions commerciales en transport international. Et il ne s’agit plus seulement de charges complètes en marchandises générales. Cette attitude est évidemment stigmatisée par une large frange de transporteurs de moyenne taille, trop petits pour envisager un montage de la sorte, mais cette bataille est désormais perdue, à de rares exceptions près (spécialisation extrême des prestations entre autres). Et un transporteur (souhaitant rester anonyme) de rappeler qu’en 2006 et 2007, quand beaucoup de transporteurs belges ont fondé leur filiale ‘à l’est’, il était déjà très difficile de trouver du personnel qualifié… et flexible. Cinq ans plus tard, quelques filiales ont échoué, mais les autres ont trouvé un rythme de croisière tel que la qualité des prestations des chauffeurs slovaques ou polonais est désormais rarement remise en cause.

Indexation des tarifs et clauses diesel

Quant à l’autre thème majeur de ce Baromètre, à savoir l’évolution des prix de transport, il marque un très net changement par rapport à septembre 2010. A l’époque, seuls trois transporteurs sur dix avaient osé demander une hausse des prix de transport. Ils sont aujourd’hui presque huit. 12 % va demander une hausse et seuls 10 % n’osent rien demander (ils étaient 40 % en 2010).

La hausse n’est cependant pas souvent suffisante pour retrouver un niveau de rentabilité normal. C’est pourtant le cas chez 29 % des sondés, et dans le cas contraire, la hausse à obtenir est à peu près équivalente à la haussé déjà obtenue, soit entre 4,2 et 4,5 %.

Vu les hausses spectaculaires du prix des carburants depuis trois ans  (+ 14,7 % en 2009, + 34 % en 2010 et  + 9,5 % depuis le début 2011), il était également intéressant de voir dans quelle mesure et comment ces hausses étaient répercutées. On remarque ici une nette différence entre les contrats aux tarifs annualisés, où il est nettement plus simple de faire accepter une clause diesel (92 % de taux de réussite), et les autres types de contrat (on ne parle même pas du marché ‘spot’ dans les bourses de fret). Dans ce deuxième cas, 84 % des transporteurs affirment obtenir une forme d’indexation, mais beaucoup précisent que ce n’est pas le cas avec tous les clients.

Tout aussi intéressante est la base de calcul utilisée pour réclamer cette indexation : 36 % utilisent les indices ITLB et 48 % une autre base de calcul. Un chiffre édifiant qui vient une fois de plus rappeler l’urgence à réformer les indices de prix de revient de l’ITLB, sujet sur lequel nous nous sommes déjà largement étendus dans les numéros précédents.

Résultats précédents (mars 2011)

Commentaires

"Je pense du fait de la taille de mon entreprise et du volume sous-traité il est possible de faire comprendre aux clients le service et le juste prix à payer, mais faut-il pour ça travailler dans des domaines ou tout le monde ne peut donner un service irréprochable. Il est plus facile pour une petite structure comme la mienne de dire non à certains donneurs d'ordres. Je n'ai pas 15 ou 20 ensembles à faire rouler, mais je prouve chaque jour à mes clients le bon service qu'ils reçoivent."

"La situation pour un transporteur belge employant du personnel belge est intenable."

"Nous vivons Germinal dans l'autre sens avec un syndicat très agressif (UBOT-FGTB) et un autre plus constructif (CSC). La FGTB a-t-elle conscience de ce qu'est le dur métier de transporteur et de ses innombrables contraintes économiques, législatives et j'en passe ? "

"Il est malheureux de constater que dans nombreuses entreprises l'apport des chauffeurs des pays de l'est, n'est pas pour là pour consolider la marge bénéficiaire mais bien pour gagner du volume de transport tout en diminuant les tarifs."

"Pourquoi a-t-on accordé la procédure de redressement judiciaire ? Cette solution nuit terriblement à la profession car elle permet à des marginaux non professionnels de survivre. Nous évoluons déjà dans un marché hyper concurrentiel, et celui-ci est encore plus perturbé que précédemment par la PRJ."

"Coûts salariaux trop élevé par rapport aux pays voisins, taxation du travail trop élevée, manque récurrent de chauffeurs qualifiés, motivés et consciencieux, la profession de chauffeur manque d’attractivité et de reconnaissance du public et des autorités (accès au permis C & CE trop onéreux, état des infrastructures obsolètes + pas de coordination entre différents projets  d’aménagement ou de réfection, tachygraphe & temps de conduites trop contraignants et non adaptés, contrôles sur la route non-objectifs, concentrés sur le transport ADR d’entreprises locales, contrôles sur l’arrimage très exigeants pour transport ADR mais inexistant pour d’autres catégories, temps d’attente en industrie beaucoup trop longs…"


Commentaires des participants néerlandophones


02/11/2011  |  Claude Yvens
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s Vos commentaires
Roberto Di Giorgio - RRV SA ( 02 Février 2012 à 10h20 )

Bonjour cher collègues Belges ici aussi la situation est difficile également due aux prix malheureusement pratiqués partout en Europe. La spirale de baisses de prix et augmentation des exigeances clients n\'est pas finie..Nous en soufrons beaucoup notamment ici en Suisse avec les transporteurs Allemands,Belges et Neerlandais.Une voie de sortie possible? des ententes et des positionnements possibles avec certains prestataires dans les ports Anvers ou Rotterdam. S\'il y a des confrères intéressés pour des collaborations vous êtes les bienvenus

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