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Tentative d'assassinat ?

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Dans quel monde vivons-nous ? Alors que le secteur  du transport termine une année 2012 particulièrement difficile, que chacun travaille son budget 2013, que les incertitudes se multiplient, que les perspectives économiques s' assombrissent, que chacun s' interroge sur l’impossibilité de demander une augmentation des prix du transport malgré une hausse de certains coûts, certains industriels et certains transporteurs s’acharnent à tuer le secteur du transport.

Mardi 20 novembre, les transporteurs qui travaillent pour Arcelor-Mittal reçoivent une communication téléphonique du service Achats établi à Paris.  « Excusez-nous, nous savons que nous vous demandons l’impossible, mais vous devez baisser vos prix 2013 de 8% par rapport à vos prix 2012.  Celui qui ne peut donner son accord pour jeudi soir 29 novembre ne sera plus fournisseur de transport pour Arcelor. Vous avez un contrat ? Désolé, c’est un cas de force majeure. La situation économique dans l’acier est catastrophique, nous n’avons et vous n’avez pas d’autre choix. Si la conjoncture reprend, nous vous donnerons 5% en plus au 1er avril 2013.»

Vous avez bien lu : - 8 % ! Voici les entreprises confrontées à un vrai dilemme : perdre de l’argent ou perdre le client. Chacun sait que les transporteurs concernés ont construit leurs lignes de transport sur base des produits sidérurgiques. Refuser, c’est donc aussi abandonner d’autres clients.
Autre solution : arrêter de manière immédiate un certain nombre de véhicules, réduire le parc, licencier du personnel. Lorsque l’on interroge des responsables d’Arcelor-Mittal, ils sont navrés et promettent de donner plus de volume à ceux qui resteront. Mais à quels prix ?

Autre chargeur, autre lieu : « Vos prix sont trop élevés, nous avons des offres à –14% sur la destination A,  à –7% sur la destination B et même -33% (!) sur la destination C.  Ces offres émanent de l’un de vos collègues, une grande entreprise avec une bonne réputation ».

Nous sommes là en plein psychodrame. Pour survivre encore quelques temps, certains n’hésitent plus à entraîner les autres dans une spirale négative.   Heureusement, chez bon nombre de chargeurs, les responsables font preuve d’empathie et reconnaissent souvent la qualité de leurs prestataires.  Et donc de la nécessité de préserver la satisfaction des clients et donc le service, en conservant le transporteur attitré.

Qui veut tuer le monde du transport ? Certains chargeurs, oui, mais aussi certains transporteurs. Nous pensions avoir atteint le point bas voici quelques semaines. Il n’en n’est rien. Certains ' stakeholders’ du monde de transport sont devenus fous !  Il faut les soigner d’urgence et arrêter la propagation du virus.


08/02/2013  | 10 Jean-Marie Becker
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