warehouse_and_logistics
FR - NL Home >  Dossiers > Economie




 
Ninatrans: tout vient à point à qui sait attendre

go back print this page     send page by mail     Comments
Déjà candidat en 2006, Ninatrans a attendu sept ans avant de remettre le couvert. "Quand nous serons prêts", disait son patron Benny Smets. L'entreprise qui vient de remporter le titre de Transporteur de l'Année 2013 n'a de fait plus grand-chose à voir avec ce qu'elle était alors.

Il y a dix ans, Ninatrans était un bon spécialiste du camionnage de fret aérien. Une niche où le respect des délais passe avant tout, mais où le transporteur dépend de quelques intégrateurs et expéditeurs sans grand espoir de dégager des marges bénéficiaires spectaculaires.

Forte croissance en temps de crise

Aujourd' hui, Ninatrans a grandi, elle s' est structurée et présentait de loin le meilleur bilan financier des six candidats au titre. Le plus beau tour de force de ce bilan étant la progression de tous les indicateurs structurels (bénéfice, fonds propres, solvabilité et liquidité) durant les années de crise et malgré un investissement de plus de 4 millions EUR dans un nouveau siège social.

C' est que Ninatrans a poursuivi méticuleusement une stratégie de croissance depuis sa première participation en 2006 :
- Fondation de Ninatrans Deutschland (Leipzig) en 2006 pour accompagner DHL dans son déménagement
- Fondation de Ninatrans France en 2007 pour développer des activités nationales à partir de Paris Charles-de-Gaulle
- Reprise de Balkenende Air Cargo Handling et création de Ninatrans Nederland en 2008
- Reprise de la société Brutrans en 2011
- Reprise des activités de transport national de Verhulst en 2012.

En 2013, Ninatrans reste donc un excellent spécialiste des transports à temps critique, mais la société a aussi élargi sa palette, développant notamment une activité de services aux événements. Benny Smets délimite toutefois cette croissance : « Ninatrans a choisi de se concentrer sur le transport routier et non de s’étendre à toute la chaîne logistique. De cette manière, nous ne sommes pas concurrents mais des partenaires stratégiques de nos clients, à savoir des entreprises logistiques qui désirent sous-traiter leurs opérations de transport. Entre temps, plusieurs clients ont abandonné leur flotte propre pour nous confier leurs transports. »

Contrôles hebdomadaires

Ces dernières années, la croissance de la société lui a permis de générer des économies d’échelle et de réduire le rayon d’action de chaque centre opérationnel. Cette phase-là n’est pas encore terminée. « L’extension de notre flotte en Europe a fait progresser notre flexibilité et optimisé la disponibilité de nos véhicules pour nos clients. Notre intention est donc d’ouvrir d’autres filiales à l’étranger : Londres est une priorité de premier ordre. »

Ninatrans n’a heureusement pas attendu d’atteindre une taille critique pour appliquer un contrôle des coûts des plus stricts à toutes ses activités. Tout est ici question d’analyse préalable et de suivi strict. Un exemple ? Alors que l’entreprise réfléchissait à un déménagement se posait la question du maintien d’un atelier propre. Une étude menée en interne a montré que cet atelier permettrait de réaliser une économie de 0,85 % sur l’ensemble du prix de revient par rapport à des contrats d’entretien. D’autres se seraient contentés de tabler sur une flexibilité supérieure d’un atelier en régie. Cet atelier devrait à l’avenir accueillir des contrôles techniques décentralisés.

Autre exemple : Ninatrans est réputée pour sa structure IT performante (elle développe son propre TMS et ses propres systèmes de Track & Trace). Son dispatching va pourtant encore évoluer vers un système de ' gestion par exception’ qui permettra aux dispachers de se concentrer sur la réduction des kilomètres à vide.
Cette maîtrise est d’autant plus importante pour le développement de Ninatrans que le contexte économique n’est pas favorable. « La pression sur les prix restera forte en 2013 et en 2014. Nous essaierons de transférer sur nos clients les augmentations du prix de revient annoncées par l’ITLB, mais nous craignons que beaucoup de clients n’acceptent de n’en supporter qu’une partie. Nous continuerons donc à mettre nos coûts véhicule sous pression, et en particulier la consommation. »

Innovation à tous les étages

Dans ce domaine, il y a peu de mesures que Ninatrans n’ait pas prises ou envisagées. La direction est véritablement à l’affut de toutes les nouveautés, sans se jeter dans les bras du premier magicien venu. Dernière initiative en date : l’installation de jupes Wabco (ex-Ephicas) sur les semi-remorques, une première en Belgique. Ninatrans a ainsi réussi à obtenir un des tout premiers certificats Lean & Green de Belgique après avoir prouvé aux examinateurs de la VUB (les certificats belges sont beaucoup plus difficiles à obtenir que les néerlandais !) qu’elle réduirait ses émissions de CO2 de 20 %.

D’autres projets visent à augmenter la fiabilité des véhicules, comme l’installation d’un système de filtration du carburant pour réduire le risque de panne moteur, ou la mise en service programmée d’un système de contrôle à distance de la pression des pneus.

En matière de sécurité, Ninatrans fait aussi feu de tout bois. L’ensemble des chauffeurs aura suivi son cursus ' code 095’ bien avant la date-limite, Ninatrans a été le premier transporteur à signer la charte Truckveilig, et ce n’est donc pas une surprise de constater que les chiffres de sinistralité sont excellents.

L’ensemble de ces qualités aura en tout cas permis à Ninatrans de décrocher le titre de transporteur de l’Année 2013 à l’unanimité du jury, ce qui n’était jamais arrivé.


Ninatrans en bref

Spécialités : transports à temps critique, distribution
Localité : Heverlee
Filiales : France, Allemagne, Pays-Bas, République Tchèque
Personnel : 144 personnes
Flotte : 120 véhicules moteurs, (dont 10 porteurs), 220 semi-remorques

www.ninatrans.be


Points forts

- développements IT en interne (TMS, Track & Trace)
- flotte 100 % Euro 5 ou EEV
- croissance maîtrisée
- multiples projets pour réduire la consommation
- suivi opérationnel général
- politique ' sécurité’ qui s’occupe aussi de la santé


05/04/2013  |  Claude Yvens

Download full article in PDF

go back print this page     send page by mail     Comments
Vos commentaires
Rédigez votre commentaire (max 1000 signes)

En postant un commentaire, je déclare accepter les conditions générales d'utilisation .

Adresse mail

Mot de passe

Pour votre securité, ce champs doit être encodé à chaque commentaire.

-> Mot de passe oublié ?
-> Pas encore inscrit ?