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Location : Allongement plutôt que renouvellement

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Les loueurs de véhicules sont en phase de temporisation. Globalement, le taux d?utilisation des parcs est bon, mais ce sont surtout les incertitudes quant aux contrats futurs qui inquiètent. Dans l?intervalle, l?heure est à l?allongement des contrats existants.

Il y a trois ans, à pareille époque, les volumes de transport avaient lourdement chuté et les parkings étaient pleins. Rien de tel en 2012 si l' on en croit la plupart des sociétés de renting installées en Belgique. « Nous sommes ' sold-out’ », annonce Guido De Jager (RTR). « Le taux d’utilisation est actuellement de 85 % à Zeebruges, mais il monte à 95 % dans d’autres sites », confie Sebastiaan Pot (ICTS). Pourtant, le secteur tire un peu la langue. Le niveau des prix, en particulier, est pointé du doigt.

Avec ou sans ‘prime de risque’

Si les volumes de transport restent très volatiles, peu de transporteurs sont entièrement rassurés quant à l’évolution future de l’économie. Dans une certaine mesure, il en va de même pour les flottes pour compte propre. Peu de gestionnaires de flotte sont donc prêts à s’engager pour de longues périodes. Cette forme d’attentisme pousse les clients des loueurs à demander une prolongation des contrats en cours, histoire de voir un peu venir.
Généralement, les loueurs jouent le jeu. Mais ce jeu comporte un risque : celui de voir le bien loué approcher de la zone de kilométrage où les gros frais sont à prévoir. S’ils ne l’avouent pas tous, les loueurs ajoutent souvent une ‘prime de risque’ au loyer mensuel. Mais apparemment, les clients préfèrent payer un peu plus et se sentir liés par un contrat de moindre durée, surtout quand ils savent que le kilométrage moyen de leur parc diminue.

On assiste également, de la part de clients qui ne louaient pas, à une progression de la demande pour les solutions flexibles (sortie facile du contrat) et les contrats de moyenne durée (1 mois à 1 an) qui offrent les mêmes avantages et les mêmes inconvénients.
La location de semi-remorques répond à d’autres règles. L’obsolescence du bien loué est une notion moins critique. « Dans le monde de la semi-remorque, il n’y a pas de prime de risque de ce type », explique Jan Snissaert (GE TIP).

De nouveaux types de clients

Le deuxième facteur qui influence actuellement le marché de la location est l’accès plus difficile aux crédits d’investissement pour les sociétés de transport. « Ces nouveaux clients potentiels sont de deux types, explique Kristof Timmermans (Renting Car WTS). Il y a d’une part les sociétés qui sont au bout du rouleau, et qui ont souvent déjà été refusées par d’autres loueurs, mais il y a aussi des sociétés qui veulent trouver une alternative à leur gestion de parc actuelle en dehors des banques. C’est là que s’ouvrent des opportunités pour nous. » A condition de procéder à une analyse de risque sérieuse, et tous les loueurs sont unanimes à ce sujet : ils sont plus sévères que par le passé, avec ou sans l’aide d’un assureur-crédit.

Les conditions dans lesquelles de nouveaux contrats sont signés évoluent elles aussi. Le fossé se creuse entre les clients dont les liquidités sont saines et les autres. « Le cash-flow est vraiment le problème numéro 1 de nos clients en 2012, explique Kristof Timmermans. Beaucoup d’entre eux choisissent d’abaisser le loyer mensuel et d’augmenter la hauteur de l’option d’achat. Mais ce n’est souvent qu’une manière de repousser le problème à plus tard. »
A moins que l’option d’achat ne soit pas levée. La proportion de clients qui ne souhaitent pas devenir propriétaire du bien en fin de contrat serait ainsi en hausse, mais cette tendance est encore floue.

Une troisième tendance est soulignée par Peter Tratsaert (ATL Renting) : « Les sociétés de transport qui ont une filiale à l’étranger préfèrent nettement louer les véhicules pour cette filiale plutôt que de les financer elles-mêmes. »

Facteurs de reprise

La plupart des loueurs espèrent une véritable reprise économique pour voir leurs affaires redevenir florissantes. Kristof Timmermans (Renting Car WTS) n’est pas de cet avis : « Il faut d’abord que la position de liquidité des transporteurs s’améliore, avant de voir leurs volumes d’activité repartir à la hausse. »

Mais si le gâteau ne grandit pas à court terme, certains facteurs vont tout de même influencer certains loueurs par rapport aux autres. Et c’est leur capacité d’investissement qui sera déterminante. Dans le domaine du matériel tracté par exemple, les nouvelles normes d’arrimage rendent obsolètes les semi-remorques qui ne disposent pas d’un certificat EN 12642 XL… et favorisent les loueurs qui n’ont pas laissé leur parc vieillir.

Pour les camions, le défi se présente en 2013 avec l’arrivée de nouvelles gammes chez la plupart des constructeurs. Les loueurs qui n’auront pas la capacité financière d’investir dans des véhicules de dernière génération (c’est souvent un de leurs arguments de vente…) se verront irrémédiablement relégués au second plan. Dans une étude réalisée pour le compte de Goodyear, le fait que le loueur auxquels ils ont recours ne prêtait pas assez attention à la consommation était identifié par les transporteurs comme un des cinq obstacles qui les empêchent de réduire leur impact environnemental. Le défi est donc de taille. 

Du service, même en dehors des contrats de location

Les sociétés de location qui disposent de leurs propres ateliers tentent de plus en plus de réaliser des prestations d’entretien et de réparation pour des véhicules qui ne sont pas sous contrat de location chez elles. Fraikin et ICTS en sont deux exemples. « Nous réalisons déjà ce type de prestations dans le domaine des véhicules blindés, explique Frank Dewèvre (Fraikin), mais nous le proposons à d’autres clients parce que nous disposons d’un très bon réseau d’ateliers et du savoir-faire nécessaire. Ce n’est pas tellement le tracteur qui nous intéresse, parce que tout le monde peut entretenir un tracteur, mais surtout les véhicules complexes. » Même son de cloche chez ICTS où les activités de services sont toutefois effectuées par une filiale ICTS Services.

06/07/2012  |  Claude Yvens
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