Les smartphones débarquent en cabine
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Après une édition 2011 qui pouvait laisser l?impression que les ordinateurs de bord atteignaient la fin de leur développement, la conférence Conférence Telematics for Fleet Management 2012 a radicalement ouvert la voie aux collaborations entre développeurs et à une percée des smartphones.
L' industrie télématique ouvre de nouveaux marchés géographiques, convainc de nouvelles niches dans les marchés matures (flottes publiques, flottes de location, formation à la conduite…) et étend sa zone d’influence dans les flottes de transport routier sur les marchés les plus matures, dont l’Europe occidentale.
Nouvelle cible : la congestion routière
Dans les flottes matures, où les fonctionnalités traditionnelles (navigation, tracking, gestion des missions et ecodriving) sont largement utilisées, la réduction de la consommation et des émissions de CO2 grâce à la télématique est en train de s’imposer. Les ' nouvelles frontières’ de la télématique seront donc dictées par d’autres enjeux sociétaux : congestion routière et prévention du crime.
D’après Franck Levecque (Frost & Sullivan), la congestion handicape aujourd’hui le PIB des Etats-Unis d’1,5 %. La manière dont les systèmes de transport intelligents pourraient alléger ce fardeau a notamment été expliquée par Jaap van den Hoek (Inrix) : « En combinant les données de GPS, de capteurs et caméras installés sur le réseau routier et des données générées par les utilisateurs eux-mêmes, en les combinant avec des données historiques, par exemple sur la densité de circulation d’un tronçon de route à une heure donnée, on peut aboutir à des estimations de vitesse et de congestion. Ces prévisions peuvent être intégrées dans un système de planification d’itinéraires en temps réel. » Un tel système pourrait calculer l’impact d’un incident de circulation sur les temps de parcours et proposer un itinéraire alternatif en temps réel.
Besoin de collaboration
En matière de prévention du crime, la sonnette d’alarme est tirée par Luc Van Herck du TAPA (Transport Asset Protection Association). Les vols de marchandises coûtent 8,2 milliards EUR par an en Europe. La télématique peut partiellement résoudre le problème, en pénétrant davantage de flottes (4,4 % des semi-remorques sont tracées en Europe), mais surtout en développant de nouvelles applications qui dépassent le simple constat. « Le ‘business case’ pour ces solutions avancées se heurte pour l’instant à un problème de stabilité des solutions de transmission des données, et ce type de services ne serait rentable que s’il était connecté à d’autres services, comme le système d’appels d’urgence eCall », explique Walter Verhelst (Novacom).
En d’autres termes, les coûts de développement de nouvelles solutions télématiques sont si élevés et les besoins si étendus que plus aucun prestataire télématique ne peut envisager de travailler dans son coin. Ces collaborations nécessitent cependant des plates-formes ouvertes, peu fréquentes aujourd’hui. Un parfait contre-exemple est fourni par les ‘standards FMS’ qui donnent accès aux données moteur via le Can-Bus. Un Dynafleet peut utiliser 100 % des données d’un moteur Volvo, un Transics n’a accès qu’à une partie de ces données. Les analyses du style de conduite sont donc nettement plus précises dans le premier cas. Et l’installation de série des outils d’analyse chez Scania, Renault Trucks ou Mercedes-Benz renforcera encore la position des constructeurs. La collaboration entre prestataires télématiques est pourtant inévitable, estime Frédéric Bruneteau (Ptolemus) : « Ils vont être mis sous pression par des acteurs traditionnellement actifs dans le B2C et par les géants informatiques comme SAP ou Microsoft. Le marché va donc peut-être se déconstruire et se recomposer, avec des sociétés qui développeront chacune un domaine spécifique d’expertise. Les fournisseurs globaux ne pourront plus continuer à tout développer seuls. » L’avenir serait donc à des développements collaboratifs, avec quelques leaders qui mettent sur le marché des paquets de solutions qu’ils n’ont pas nécessairement entièrement développés eux-mêmes.
La marche en avant du smartphone
Le succès planétaire du smartphone en fait un outil incontournable. « Oui, mais pas comme vecteur principal de transmission de données, explique Franck Levecque. Je prévois plutôt un retour en force des systèmes de transmission satellitaires, beaucoup mieux sécurisés et qui vont résoudre leur problème de capacité de transport par le lancement prévu de nouveaux satellites. »
« Aujourd’hui, tout le monde ou presque utilise un smartphone avec GPS intégré, et la pression est mise sur des Apps qui utiliseront toutes les données disponibles », dit Jaap van den Hoek. Dans le transport routier, les Apps professionnelles en sont toutefois à leurs premiers balbutiements, comme le montre l’article suivant. Il reste d’autres obstacles à franchir avant que les smartphones ne deviennent le complément parfait de l’ordinateur de bord : il n’existe pas de modèle à bas prix adapté à un usage professionnel (aux Etats-Unis, oui), la question de la sécurisation des données reste pour l’instant sans solution… et de la propriété de l’appareil : celui, personnel, du chauffeur, ou un appareil de l’entreprise ? Un début de réponse est peut-être apporté par la combinaison entre un ordinateur de bord basique et un smartphone chez GreenCat avec l’ATX.
Les cycles de vie d’un ordinateur de bord et d’un smartphone sont aussi fondamentalement différents. Mais pourquoi ne pas envisager une solution de longue durée, où le smartphone serait régulièrement remplacé ?
L’exemple américain ?
Les flottes américaines utilisent nettement plus d’appareils de télématique qu’en Europe, principalement dans les flottes locales et publiques, avec des solutions bas de gamme. Mais c’est par la loi que la télématique s’impose parfois : une proposition de loi existe pour forcer les chauffeurs multi-récidivistes à équiper leur véhicule d’une boîte noire !
| 04/07/2012 | Claude Yvens
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