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Charte TruckVeilig : signerez-vous aussi pour la vie ?

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C'est dans le cadre d'une stratégie générale visant à réduire le nombre d'accidents sur le réseau routier flamand que la ministre Hilde Crevits a présenté aujourd'hui la charte Truck Veilig qu'elle propose à la signature des entreprises de transport et des chauffeurs routiers.

Concrètement, la signature de cette charte est un acte volontaire par lequel transporteurs et chauffeurs s'engagent à respecter un certain nombre de principes favorisant la sécurité, soit un minimum de 7 engagements dans une liste qui en comporte environ 25. Il existe une version de la charge pour les employeurs et une pour les chauffeurs.
Les entreprises qui signent la charte seront soumises après quelques mois à un contrôle, afin de voir si elles tiennent leurs engagements. "Notre objectif est de décerner ensuite un label TruckVeilig, afin de reconnaître les efforts des entreprises qui s'investissent vraiment en faveur de la sécurité routière", nous a expliqué Hilde Crevits. L'étape suivante du plan consisterait alors à faire reconnaître le label par les donneurs d'ordre.

Les 18 engagements des employeurs

• (faire) organiser des formations pour les chauffeurs sur la sécurité routière
• Informer les chauffeurs sur les travaux routiers ou les circonstances météo dangereuses
• Encourager un style de vie sain ( alimentation, suffisamment de mouvement et de repos)
• Soutenir un style de vie sain
• Établir des plannings réalistes, qui tiennent compte des temps de conduite et de repos, de l’horloge biologique, de parkings de qualité et de la possibilité de passer la nuit dans un endroit sûr
• Établir des plannings qui permettent aux chauffeurs de ne pas attendre trop longtemps au (dé)chargement e d’être plus détendus au volant
• Faire accompagner les chauffeurs par des planificateers pour améliorer les plannings
• Établir des plannings qui évitent autant que possible les zones habitées
• Collaborer avec les services de police et les autorités locaux pour établir les itinéraires les plus sûrs
• Faire en sorte que les camions soient toujours en bon état technique
• Contrôler la présence, le bon fonctionnement et la bonne utilisation des limiteurs de vitesse et des tachyraphes
• Faire en sorte que tous les camions soient équipés d’un kit mains libres
• Faire en sorte que les camions soient chargés correctement et non surchargés
• Faire en sorte que les camions soient chargés de manière à éviter les trajets inutiles et les kilomètres à vide
• Impliquer les chauffeurs dans les décisions importantes de l’entreprise 
• Autoriser un chauffeur à refuser une mission si son camion n’est pas en ordre sur la plan technique
• Autoriser un chauffeur à refuser une mission si le camion est mal chargé ou en surcharge
• Autoriser un chauffeur à refuser une mission s’il ne peut pas respecter les temps de conduite et de repos.

Commentaire

Cette charte est une bonne initiative, mais elle ne peut être qu'un premier pas. La liste ci-dessus comprend en effet des engagements qui devraient être obligatoires. Comment imaginer en effet qu'un transporteur s'engage en faveur de la sécurité sans faire en sorte que ses plannings permettent au chauffeur de respecter les temps de conduite et de repos, ou sans garantir l'état technique de ses véhicules, ou sans garantir que ses véhicules ne seront pas en surcharge ? En d'autres termes, certains de ces engagements ne sont que des encouragelents à appliquer des règles existantes (mas mal contrôlées). Dans ce sens, la configuration actuelle de cette charte résulte de la recherche d'un plus petit commun dénominateur assez regrettable.
Si l'étape suivante consiste en un label, ces défauts initiaux devront être corrigés. Et le label TruckVeilig pourrait avoir un intérêt certain s'il était reconnu par les clients des transporteurs. Au risque de voir certans transporteurs le considérer comme un 'gadget marketing' à obtenir de toute urgence, sans y investir le temps, les moyens ou l'esprit voulus.
La charte pêche également par l'absence de distinction entre les transporteurs qui disposent de leur propre flotte et ceux qui recourent massivement à des filiales étrangères ou à la sous-traitance. Là encore, s'il doit y avoir une deuxième étape au plan, le défaut doit être corrigé rapidement.
Reste enfin une question : qui contrôlera la bonne applicatiojn de la charte, alors qu'il est déjà si difficile de contrôler la simple application des règlements en vigueur ?


13/04/2012  |  Claude Yvens
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